Ce que chaque danse permet de travailler
Les danses de salon
Le tango
Le tango apparaît au début du XXe siècle en France, mais existe depuis la fin du XIXe siècle dans la région du Río de la Plata, en Argentine et en Uruguay. Cette danse a ensuite été codifiée dans sa forme de danse sportive. UNESCO
Son tempo varie entre 100 et 136 bpm (124 à 132 bpm en compétition).
Le tango est une danse nécessitant un guidage, comme l’ensemble des autres danses, mais peut-être encore plus rigoureux, ainsi qu’une sensibilité à l’écoute plus développée pour la personne guidée. C’est une danse d’improvisation. On y travaille les jeux de rythme (les temps lents et rapides, voire très rapides).
À écouter : « La Cumparsita », interprétée pour le tango.
La valse
La valse lente et la valse rapide (viennoise) apparaissent en France, comme dans le reste de l’Europe, au début du XIXe siècle. Britannica
Pour la valse lente, le tempo varie entre 70 et 100 bpm (84 à 90 bpm en compétition) ; pour la valse rapide, entre 100 et 180 bpm (174 à 180 bpm en compétition). Il dépasse 180 bpm pour la valse musette.
La valse existe sous plusieurs déclinaisons : valse lente (ou Boston), valse rapide (ou viennoise) et valse très rapide (dite « musette »). Elles permettent de travailler l’alternance régulière des pas, d’aborder la notion de rythme ternaire et d’étudier les tours. On y découvre des techniques d’accélération des tours (croix viennoise, rondé), jusqu’aux fleckerls (valse rapide) et à la toupie (valse musette). Le guidage y repose sur l’écoute des deux partenaires. On y découvre aussi les notions corporelles d’ancrage, d’élévation et de compression, sans oublier la dissociation du haut et du bas du corps pendant les tours : le haut du corps conserve un mouvement circulaire fluide et régulier, tandis que le bas suit les directions pour évoluer le long de la piste de danse.
À écouter : « Moon River » pour la valse lente, « Le Beau Danube bleu » pour la valse viennoise et « Indifférence » pour la valse musette.
Le slow fox-trot
Le slow fox-trot apparaît au début du XXe siècle aux États-Unis et se diffuse ensuite en France. Comme pour de nombreuses autres danses, ses origines sont liées aux danses afro-américaines. Britannica
Son tempo varie entre 80 et 120 bpm (112 à 120 bpm en compétition), et celui du fox-trot entre 120 et 180 bpm.
Le slow fox-trot est certainement l’une des plus techniques des danses de salon, car il fait travailler la fluidité des mouvements. Le rythme et les élévations se combinent pour donner cette sensation d’osmose et de légèreté du couple.
À écouter : « Fly Me to the Moon », dans une version pour le slow fox-trot.
Le quickstep
On le découvre dans les années 1920 sous le nom de « quick-time fox-trot ». Britannica
Son tempo varie entre 180 et 208 bpm (200 à 208 bpm en compétition).
Le quickstep est la version rapide du fox-trot. Il permet ainsi d’appréhender la vitesse d’exécution des mouvements. Cette danse, influencée par le charleston, se veut dynamique et swinguée. Bien que très technique, elle apporte de la joie tant dans sa pratique que dans l’écoute des musiques.
À écouter : « Sing, Sing, Sing », dans une version pour le quickstep.
Les danses latines
Le paso doble
Le paso doble apparaît en France au début du XXe siècle. Il nous vient d’Espagne, où ses origines remontent au XIXe siècle.
Son tempo varie entre 86 et 132 bpm (120 à 124 bpm en compétition).
Le paso doble repose sur la marche. Cette danse permet très rapidement d’agrémenter les pas de jeux de positions de couple (positions emboîtée, déboîtée, contre-déboîtée, promenade et contre-promenade, en avant ou en arrière). Il y a aussi des figures statiques. On y travaille des variations avec des éléments binaires (par exemple, la clé d’entrée) et d’autres ternaires (par exemple, le zigzag), ce qui enrichit les combinaisons rythmiques.
À écouter : « España cañí », un classique du paso doble.
La rumba
La rumba se danse en France dans les années 1920 et 1930, mais se développe auparavant à Cuba au cours du XIXe siècle. La rumba de danse sportive est une forme codifiée, distincte des formes traditionnelles cubaines. Britannica
Son tempo varie entre 62 et 114 bpm (100 à 108 bpm en compétition).
La rumba est une danse qui permet de travailler sa sensualité. C’est la danse de l’amour par excellence. Cette danse, qui se veut lente et langoureuse, laisse le temps de décomposer les mouvements. D’un autre côté, elle favorise l’apprentissage du contact au sol par la plante des pieds, ce qui fait travailler les muscles des fessiers et des cuisses, ainsi que les mouvements des hanches et du bassin. Elle permet également de comprendre et de danser à contretemps. Sa rythmique caractéristique oblige dès le début à intégrer la notion de temps rapides et lents. Enfin, on y assimile le contrôle du corps, notamment avec le « check ».
À écouter : « Bésame mucho », dans une version pour la rumba.
Le cha-cha-cha
On danse le cha-cha-cha en France depuis les années 1960, notamment grâce au groupe Los Machucambos, mais c’est un genre musical apparu à Cuba au milieu du XXe siècle. Il se développe ensuite à l’international. Britannica
Son tempo varie entre 100 et 136 bpm (120 à 128 bpm en compétition).
Le cha-cha-cha est proche de la rumba, mais se danse sur un tempo plus rapide et également à contretemps. Il permet d’appréhender le pas chassé (cha-cha-cha), donc la combinaison des rythmes lents et rapides, mais aussi de prendre du plaisir sur des mélodies souvent dynamiques et joyeuses. Cette danse favorise également le travail des hanches.
À écouter : « Oye como va » de Tito Puente.
La samba
La samba est enseignée en France vers 1921 par M. Duque (Antonio Lopes de Amorim Diniz), qui la présente notamment au théâtre Albert-Ier, puis au Shéhérazade. Au Brésil, elle devient la musique du carnaval vers 1930. La version pratiquée en danse sportive a ensuite été codifiée. Britannica
Son tempo varie entre 76 et 133 bpm (100 à 104 bpm en compétition).
La samba est une danse très riche sur le plan rythmique. Elle permet un travail de coordination entre les pas et les genoux. C’est une danse qui fait progresser en souplesse, par le travail des pieds, des chevilles, des genoux et des hanches. Les musiques de samba étant dynamiques et joyeuses, la danser procure un sentiment de joie et de bien-être.
À écouter : « Mas que nada », dans une version pour la samba de salon.
Le jive
Le 24 février 1961, le premier festival international de rock ’n’ roll a lieu au Palais des sports de Paris. Le jive (rock) appartient à la famille des danses swing. Britannica
Son tempo varie entre 84 et 233 bpm (168 à 176 bpm en compétition).
Le jive (rock) permet, tout comme le cha-cha-cha, l’apprentissage des rythmes avec les pas chassés. On y retrouve aussi des notions proches du rock à quatre, six et huit temps. C’est une danse qui permet de se défouler. En effet, elle demande une énergie particulière puisqu’elle se danse sur un tempo très souvent rapide et repose sur des jeux de jambes assez fatigants. Les musiques étant elles aussi souvent dynamiques, le jive procure un sentiment de gaieté et de plaisir à danser. Cette danse permet également de travailler les hanches.
À écouter : « Rock Around the Clock » de Bill Haley & His Comets.
Les danses latino-caribéennes
La salsa
La salsa désigne à la fois une forme de danse et un genre musical. En France, cette danse se développe dans les années 1990. Mais la salsa a vu le jour à New York : ce style musical s’est construit à partir de musiques apportées aux États-Unis par des artistes portoricains et cubains installés notamment à Spanish Harlem, quartier hispanophone de Manhattan, dans les années 1960. Britannica
Son tempo est généralement plus rapide que celui du cha-cha-cha et varie entre 130 et 210 bpm (192 à 208 bpm en compétition).
Ce n’est pas un hasard si la salsa a fait son entrée dans les salles de sport. Cette danse fait travailler les muscles des fessiers, des cuisses, des mollets et les abdominaux. Elle mobilise l’ensemble du corps et améliore à la fois la souplesse et le maintien. Cette activité encourage notamment les danseurs à garder le dos droit. On pourrait la qualifier de grande sœur de la rumba et du cha-cha-cha pour la similitude de certains pas et rythmes. Pratiquée régulièrement, cette danse développe l’endurance et la coordination. Elle permet aussi de se dépenser dans la bonne humeur.
À écouter : « Llorarás » d’Oscar D’León.
La bachata
En France, la bachata se développe dans les années 2000, notamment grâce au succès d’« Obsesión » du groupe Aventura. La bachata est née en République dominicaine et s’est diffusée au-delà de ses frontières. UNESCO
Son tempo varie entre 105 et 150 bpm (112 bpm ou plus en compétition).
C’est une des danses dont les pas de base sont les plus simples à apprendre : une série de pas produit un mouvement d’avant en arrière ou d’un côté à l’autre. On assimile la notion de transfert du poids du corps sur les pas posés, ou d’absence de transfert sur les pas pointés (les quatrième et huitième temps pouvant être de simples pointés). On y découvre aussi des breaks amenant des appuis et des rythmes différents. De plus, cela permet de se concentrer sur l’exécution des mouvements des bras et des mains, qui se développent très rapidement. La bachata permet de travailler tant le haut que le bas du corps. En effet, la gestuelle aide à acquérir la fluidité du mouvement, des bras jusqu’au bout des doigts, mais aussi à développer le mouvement caractéristique des hanches.
À écouter : « Obsesión » d’Aventura, cité dans l’histoire de la bachata en France.
La kizomba
Cette danse provient d’Angola. Sa musique mêle des influences du semba, adaptées à des rythmes plus lents, et des sonorités antillaises, notamment celles du zouk. La kizomba, dont le nom signifie « fête » en kimbundu, une langue parlée en Angola, a ensuite été portée par des artistes comme Eduardo Paim. Les premières musiques créées dépassent les frontières de l’Angola, conquièrent les pays lusophones, puis atteignent l’Europe à travers le Portugal avant d’arriver en France à la fin des années 2000.
Son tempo varie entre 78 et 100 bpm (au-dessus de 100 bpm, on dansera davantage le semba).
La kizomba est une danse langoureuse, marchée et sensuelle. Elle permet l’improvisation. C’est une danse particulièrement riche, car les figures de base peuvent avoir un nombre pair ou impair de temps (2, 3, 5, 7, 8, 9, etc.). Ainsi, la personne qui guide doit être très attentive à la pulsation et savoir apprécier les phrasés afin de retrouver les temps forts des mesures. La « marca » est un élément caractéristique de la danse. C’est un pas assemblé qui vient marquer le temps, mais qui laisse la possibilité de repartir. Les deux partenaires doivent également appréhender la proximité des corps (la connexion se faisant généralement par les bustes, en plus des mains). De plus, le couple peut réaliser diverses positions, la kizomba, tout comme le tango, permettant de passer d’une position face à face à une position emboîtée, déboîtée ou en promenade, mais aussi à une contre-promenade ou à une position « shadow » (comme dans le paso doble). Enfin, la personne qui guide peut jouer avec divers rythmes dans l’exécution des figures. La personne guidée peut soigner le travail des hanches, avec l’exécution du « suavé », de la vague ou de la tarraxinha.
À écouter : « Rosa baila » d’Eduardo Paim, évoqué parmi les artistes qui ont porté la kizomba.
Les danses swinguées
Le lindy hop
Le lindy hop apparaît à Paris à la fin des années 1930, mais existe depuis la fin des années 1920 dans la communauté noire américaine de Harlem, à New York. Il connaît un essor grâce aux films en noir et blanc qui en font la promotion dans les années 1940, notamment « Hellzapoppin’ » (1941), ainsi qu’à une figure emblématique : Frankie Manning. Britannica
Son tempo varie entre 92 et 200 bpm.
Le lindy hop est une danse qui permet d’improviser, de swinguer et de s’extravertir. C’est une danse enjouée qui permet aussi d’apprendre l’importance de l’appui au sol, notamment avec le « bounce ».
À écouter : « Minnie’s Yoo Hoo » de Dimie Cat.
Les danses en ligne
Le madison
On commence à danser le madison en France durant l’été 1962, alors qu’il se danse déjà aux États-Unis depuis le début des années 1960. Une séquence de madison figure d’ailleurs dans le film « West Side Story » (1961).
Son tempo varie entre 98 et 166 bpm.
Le madison est une danse relativement simple. Elle permet de travailler l’exécution de pas sous forme chorégraphique, avec des changements d’orientation, et stimule ainsi les repères dans l’espace, puisque l’on répète souvent une chorégraphie face aux quatre murs d’une salle. Se dansant seul, le madison permet de se passer du guidage, ce qui simplifie son apprentissage.
À écouter : « The Madison Time » du Ray Bryant Combo.
Exemples en vidéo
Ces finales de compétition permettent d’observer plusieurs danses de salon et danses latines évoquées dans cet article.